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    Soleil blême en début de mer, petite inquiétude de l'équipage lors de l'accostage à Molène, prémices de houle prononcée jusqu'à Ouessant. À peine intégré le gîte les grands vents prenaient leur élan. Lesquels se seront tus, comme un signe calme et lumineux, quatre jours plus tard, lors du retour. J'ai regardé un chien vomir, un gros jeune homme verdir, la tête plongée dans les rotules. Il aura fallu cette inquiétude, cette force élémentaire, cette saine fatigue à boire les embruns vêtus comme des astronautes. La solidarité des îliens prenait corps, s'inquiétait des salves de grêle contre nos dos. S'inquiétait du projet de la noce. Réseaux, rencontres, lois, entêtements, symboles, on négociait avec des oui et des oui. Cette route, plage de Corz, au goudron affaissé, submergée de vagues chargées de galets. La foire aux moutons loupée à cause de, là, devant, quelques mètres de virage interdit. Alors nous avons bu deux cafés avec vue sur la baie. Tout le monde, en quatre jours, faisait tout pour. Loyers, repas, bonhommie, le carrefour de la possibilité s'installait, même la date. Nous serions contents que, la mairie, les alliances. Puis les accords tacites auront soulevé des vagues de vingt mètres par-dessus, étendu des rideaux d'embruns loin à l'intérieur, la nourriture des marécages. Des arcs-en-ciel plantés dans le ventre des rouleaux, la gueule de la tourmente. Notre plénitude dépourvue de palmiers et d'archipels bordés de sable jaune clinquant. Ce sera là, vigoureusement. Avec ceux d'Ouessant, l'érosion fière, la petite liste des convives. La banquière sera-t-elle sensible à ce qu'a désiré la tempête, le baiser sous le gui clignotant ? Les rafales continuent de siffler aux fenêtres. Il n'y aura rien de plus beau après.

cloche sous-marine