Le canapé, je me réveille, le téléviseur murmure un programme, le chat dort en boule dans le creux du genou, il est 4h, un peu plus, la nuit, sur la table basse traîne la boite dans laquelle j’avais conservé un reste de flamenküche. Un fond de whisky dans un verre côtoie des mégots écrasés, je me redresse, mange une compote, allume une cigarette. Le chat, assis sur l’évier, et moi, debout, regardons un moment les étoiles par la fenêtre de la cuisine. J’ai l’esprit bizarrement clair, j’hésite, je m’ennuie. Finalement je me lave les dents, me déshabille, matelas froid, position fœtale, le chat se faufile sous la couette. Pêr est en déplacement jusqu’à vendredi, habituellement il se couche le premier, passer mon bras autour de sa hanche me manque, curieuse sensation de réellement sentir son poids dans le lit (j’appuie mon nez contre sa nuque imaginaire). Je n’ai pas fermé les volets, je préfère. Contrairement à Pêr.
    Le sommeil tarde mais finit par assommer.
    Je suis dans une chambre, il y a des gens dans la pièce voisine, Pêr, un blogueur jadis rencontré (Matoo), d’autres personnes habillées de sombre, des cols roulés, ils quittent l’appartement en passant par la chambre où je me suis alité sans me dévêtir, Pêr semble heureux, quelqu’un me rejoint sous les draps : Gillis, mon ex. Période longs cheveux noirs, pantalon et veste de jean. Toujours aussi attirant. Il est intimidé, souriant, et comme moi pris d’une fatigue soudaine. Je me colle pourtant à lui, j’ai envie, il apprécie mon approche mais n’ose pas, je le déboutonne. Gillis consent,  se penche vers ma verge. Je me répète que c’est un rêve (un rêve en noir et blanc) or je sens physiquement l’intérieur de sa bouche autour de mon sexe. La salive, la température, le travail. Je me réveille à nouveau, mon torse ruissèle de sueur, et il fait jour. Le chat a déserté la couche.
    Pourquoi Gillis au lieu de Pêr ?, devant mon café je cherche à comprendre. Voici des mois que Pêr et moi n’avons pas eu de rapports sexuels et voilà des années que je n’ai plus de nouvelles de mon ex. Ce qui me fait songer que jamais je n’ai parlé cul avec mon analyste. Et j’ai rendez-vous ce mercredi…