mar 31 mar 2009
Le canapé, je me réveille, le téléviseur murmure un programme, le chat dort en boule dans le creux du genou, il est 4h, un peu plus, la nuit, sur la table basse traîne la boite dans laquelle j’avais conservé un reste de flamenküche. Un fond de whisky dans un verre côtoie des mégots écrasés, je me redresse, mange une compote, allume une cigarette. Le chat, assis sur l’évier, et moi, debout, regardons un moment les étoiles par la fenêtre de la cuisine. J’ai l’esprit bizarrement clair, j’hésite, je m’ennuie. Finalement je me lave les dents, me déshabille, matelas froid, position fœtale, le chat se faufile sous la couette. Pêr est en déplacement jusqu’à vendredi, habituellement il se couche le premier, passer mon bras autour de sa hanche me manque, curieuse sensation de réellement sentir son poids dans le lit (j’appuie mon nez contre sa nuque imaginaire). Je n’ai pas fermé les volets, je préfère. Contrairement à Pêr.
Le sommeil tarde mais finit par assommer.
Je suis dans une chambre, il y a des gens dans la pièce voisine, Pêr, un blogueur jadis rencontré (Matoo), d’autres personnes habillées de sombre, des cols roulés, ils quittent l’appartement en passant par la chambre où je me suis alité sans me dévêtir, Pêr semble heureux, quelqu’un me rejoint sous les draps : Gillis, mon ex. Période longs cheveux noirs, pantalon et veste de jean. Toujours aussi attirant. Il est intimidé, souriant, et comme moi pris d’une fatigue soudaine. Je me colle pourtant à lui, j’ai envie, il apprécie mon approche mais n’ose pas, je le déboutonne. Gillis consent, se penche vers ma verge. Je me répète que c’est un rêve (un rêve en noir et blanc) or je sens physiquement l’intérieur de sa bouche autour de mon sexe. La salive, la température, le travail. Je me réveille à nouveau, mon torse ruissèle de sueur, et il fait jour. Le chat a déserté la couche.
Pourquoi Gillis au lieu de Pêr ?, devant mon café je cherche à comprendre. Voici des mois que Pêr et moi n’avons pas eu de rapports sexuels et voilà des années que je n’ai plus de nouvelles de mon ex. Ce qui me fait songer que jamais je n’ai parlé cul avec mon analyste. Et j’ai rendez-vous ce mercredi…
le 31 mars 2009 à 20:43
karagar écrit :
je ne vais pas écrire ici tout ce qui me passe par la tête, mais ça m’explose les neurones ce truc !Quand je pense que mon ex thérapeute, lorsque je lui ai dit que je ne venais QUE pour lui parler de cul, il a gonflé sa joue et a appuyé dessus avec son doigt pour emettre ce son qui veut dire « je n’en crois pas un mot» !!!!!!!!! Bordel, parle lui de cul !
le 31 mars 2009 à 21:41
christophe écrit :
Oui, on dirait bien que ça frappe à la porte…
le 1 avril 2009 à 10:23
Lancelot écrit :
Ah, les rêves érotiques… Moi aussi, au réveil, je suis souvent étonné du choix de mes « partenaires oniriques» . Une seule constante : jamais de femmes…

Et pourtant j’ai un passé hétéro aussi, mais aucune d’ « elles» n’a jamais surgi de ce magma de souvenirs clapotant dans mon inconscient, pour s’imposer. Eh non.
Bah, l’interprétaton me paraît tellement évidente que, sur cette question-là, je pense que je peux économiser le prix de la scéance chez le psy….
le 1 avril 2009 à 14:34
kab-Aod écrit :
@ Karagar : Figure-toi que ma libido était au centre de la séance de ce matin (une première en 1 an 1\2 d’analyse). Sinon je comprends ton ex thérapeute : nous ne sommes pas construits, je crois, QUE de désirs sexuels (satisfaits ou frustrés).
@ Christophe : Le désir effectivement n’a pas quitté le navire et il le fait savoir. Ça ne règle pas tout mais ça rassure tout de même
@ Lancelot : Même si l’interprétation peut paraître évidente (or ce peut être parfois trompeur), prendre le temps de la disséquer reste enrichissant et peut emmener dans des recoins inattendus par un effet domino. Quant au prix d’une consultation, il se trouve que je passe par un organisme déjà financé par la commune (donc gratuit, fort heureusement
).
le 1 avril 2009 à 17:11
Fincasor écrit :
C’est drôle comme dans le style de ce billet je retrouve des accents de textes anciens, de ceux qui racontaient d’autres falaises que celles de la côte bretonne…
Ou alors c’est le sujet qui m’influence ?
le 1 avril 2009 à 17:28
kab-Aod écrit :
@ Fincasor : Tu es dans le vrai, fidèle lecteur : lors de la rédaction de ce billet je me suis moi-même fait la réflexion et me suis complu a vaguement ressuscité le ton des blogs précédents
le 1 avril 2009 à 22:04
Kridienn écrit :
Je suis très étonnée que tu n’aies pas parlé de cul avant aujourd’hui à ton analyste ! Même si, naturellement, il n’y a pas que le cul dans la vie, il me semble que ça prend pas mal de place quand même (tout au moins dans les pensées). Quant aux rêves érotiques, j’en fais pour ma part très peu… et quasiment jamais avec mon homme ! Seulement avec des ex (un à la fois) ou des inconnus… Une fois seulement avec une femme, à ma grande surprise !
le 1 avril 2009 à 22:24
kab-Aod écrit :
@ Kridienn : Je suis dans la réalité assez pudique (sans être prude) et mon psy n’est pas du genre à me brusquer ou à imposer des réponses quand je travaille à comprendre.
Il m’est arrivé de rêver érotiquement de Pêr, mais je trouve « normal» que le conjoint ne soit pas prioritaire. Cela dit, je ne me souviens pas avoir convoité oniriquement le sexe opposé ^^ !
le 5 avril 2009 à 18:45
Poussin écrit :
Tu es en manque évident de sexe…mais l’esprit et le subconscient emprunte souvent des détours alambiqués pour faire apparaitre la vérité.
le 5 avril 2009 à 20:17
kab-Aod écrit :
@ Poussin : D’abord soit le bienvenu.
Oui, évidemment, je crois que tout le monde aura su l’interpréter : le corps pèche mais l’esprit réclame. Lors de la discussion avec mon psy, il s’est clairement dégagé que mon ex symbolisait une période de sexualité épanouie (à 20 ans, le contraire eut été malheureux). Quant à ma relation avec Pêr, il se trouve que depuis un an je prends des médicaments qui influent partiellement sur ma libido (sans compter que l’alcoolisme tue la virilité).
Mais je n’ai pas dit mon dernier mot
le 7 avril 2009 à 22:47
Henri-Pierre écrit :
Je crois à la fidélité mentale et pas à la fidélité physique, peut’on avoir la prétention de combler par son seul cul les désirs de toute une vie de celui qu’on dit aimer ?
Cette incongruité, cher kab-Aod, me semble participer du même mal-aimer que celui des parents dont tu parlais précédemment et qui attendent de leur progéniture la reconnaissance de ce qu’ils ont « fait pour eux» même s’ils se sont simplement contentés de les faire.
Nos rêves nous libèrent de nos inhibitions, prennent le large et nous font goûter aux délices refoulés par nos engagements.
Rassure-toi, rien que de très « normal» , de très humain.
le 8 avril 2009 à 22:01
kab-Aod écrit :
@ Henri-Pierre : Je n’ai pas toujours été d’une fidélité « physique» exemplaire et je me suis déjà exprimé sur le sujet.
Je comprends ce que tu exprimes dans ton second paragraphe, je me suis déjà fait ce genre de constat. J’ai été sexuellement précoce et longtemps j’ai eu besoin de quantité. Pour probablement compenser une carence majeure (liée à l’enfance), et ce malgré la présence de Pêr. Aujourd’hui les choses se résolvent, mais pas à pas.
Merci, au passage, pour tes précédents commentaires
le 9 avril 2009 à 13:42
christophe écrit :
Je ne suis vraiment pas sûr qu’avec mille culs plutôt qu’un, donnés ou pris, le désir s’apaise… Le désir est un vide que rien ne peut combler.
le 9 avril 2009 à 19:25
kab-Aod écrit :
@ Christophe : Tu n’es pas en vacances, toi ?
J’ignore si le désir (sexuel) est un vide que rien ne comble. Personnellement je relativise beaucoup sur le sujet. Quand je songe au bonheur, le cul n’est pas à l’horizon. Mais peut-être n’est-ce qu’une période.
le 9 avril 2009 à 20:05
christophe écrit :
Je reste aux affaires même en vacances !
le 9 avril 2009 à 22:04
calystee écrit :
Bizarrement, je te rejoins, Kab-Aod, sur le cul. Je ne sais pas pourquoi. Vieillissement? séquelles? aspiration à un autre ordre? Mais, comme tu le dis, peut-être n’est-ce qu’une période.
le 18 avril 2009 à 13:15
Yaëlle écrit :
Je découvre et j’aime. Les mots et gestes insignifiants du quotidiens ont toujours du sens et l’amour dans l’absence est toujours de l’amour. Nos amours…tous nos amours!