Très vite le doute a pris le dessus et je ne cache pas qu’aujourd’hui je ne me fais plus guère d’illusions : le 6 mai prochain, à 15h, date de l’affichage des résultats, la joie ne sera pas au rendez-vous ; je n’ai jamais eu de chance avec l’esprit de vocation. J’aurais pu être un bel écrivain, un plasticien talentueux. J’aurais pu devenir un pasteur superbe sinon un soignant scrupuleux. Or il semblerait qu’une force maligne veuille que je reste une bouse stupide, incapable de convaincre.
    Pourtant, dès l’entretien terminé, j’avais tout tremblant appelé Pêr pour lui annoncer mon enthousiasme, j’avais plutôt bien surmonté l’anxiété, le sujet m’avait inspiré, j’avais eu le sentiment d’avoir bien expliqué mon parcours, les motivations de mon désir de reconversion. Mais au fil des heures je songeais à mes réponses aux questions inattendues : Comment réagiriez-vous face à de l’agressivité ou à une personne opposante lors de la toilette ? Que pensez-vous du projet de réforme de Bachelot ? Comment gèrerez-vous la confrontation à la douleur et à la mort ? Avez-vous des loisirs ? Ça allait trop vite, j’ai commis des erreurs graves, j’en suis certain (dans ce milieu le moindre mot est pesé à la feuille d’or et je pense avoir été maladroit sur quelques points, trop soucieux d’être honnête en une phrase).
    Je n’avais que vingt minutes sous la main… Et je ne sais désormais que faire de cet amour  entier qui n’a plus de métier à se mettre sous la dent. Pêr m’a caressé la main, m’a demandé d’attendre le 6 mai, la note décisive. Si je suis retenu je passerai le permis de conduire afin de faciliter les déplacements. Je n’avais que vingt minutes. Maintenant je ne suis plus sûr de rien. 



12 Commentaires



  1. KarregWenn écrit :

    Arrête donc de te prendre le chou et de vendre l’ours avant d’avoir tuer la peau ! J’en connais combien qui se sont rendus malheureux ainsi, en attendant d’être reçu avec les félécitations !!!!
    Et puis même si….
    Le chemin continue. Tu vois bien, tu fais déjà des projets !
    Go !



  2. Kridienn écrit :

    C’est naturel de douter ainsi de soi. On se repasse le film, on a l’impression d’avoir fait des erreurs un peu partout… En ce qui me concerne, en général, c’est la première impression qui s’est avérée bonne pour les oraux. Si tu étais enthousiaste juste en sortant de l’entretien, c’est une très bonne chose ! Le 6 mai, c’est loin… Le permis de conduire te sera indispensable pour ce boulot, mais je pense qu’il te serait très utile dans tous les cas. Mieux vaut s’y prendre assez tôt, car parfois, on ne l’a pas du premier coup ! Pourquoi ne pas commencer les cours de code dès maintenant ? Bon courage à toi.



  3. Olivier Autissier écrit :

    Je laisse ta main à Pêr et je n’en pense ps moins que lui.
    Dans le pire des cas, il sera toujour temps d’être déçu. En attendant, ne gâche pas cette place laissée à l’espoir. Même si les conseilleurs ne sont pas les payeurs.



  4. Fincasor écrit :

    Tout pareil que Karreg Wenn :razz:
    D’ici le 6 mai tu as toute la profondeur du printemps à goûter.
    Ça sera sûrement meilleur si tu restes sur l’enthousiasme du début. :lol:



  5. calystee écrit :

    Qui te dit que les autres ont fait mieux? Ce poste, tu l’auras parce que, pour copier la pub. idiote, « tu le vaux bien» . Mais deux mois à attendre, c’est long. Passe à autre chose en attendant. Pourquoi pas le permis?



  6. Lancelot écrit :

    Ne chercherais-tu pas maintenant des raisons, un prétexte, pour te laisser aller à la déprime ? Et puis, les autres, tous les autres qui eux aussi ont dû répondre à ces questions, qui te dit qu’ils auront été meilleurs que toi, hein ?
    Allez, ouste, en attendant l’échéance du 6 mai, on se secoue et on pense à autre chose. Où en est ton livre ?



  7. Pierre-Yves écrit :

    Ce qu’ils sont sages tes commentateurs ! :wink:
    Difficile de faire mieux. En général, l’honnêteté, ça paye. Je ne crois pas qu’ils vont s’arrêter à des détails. En général c’est l’impression générale, souvent la première, qui est décisive.

    Deux mois à se faire du sang d’encre, c’est beaucoup trop long. Tu as tout pour toi, et on continueras tous à te le répéter, s’il le faut.



  8. kab-Aod écrit :

    @ KarregWenn : Je serai très déçu de n’être pas reçu, mais je commence à me faire à l’idée que le chemin continue : si je ne deviens pas aide-soignant, il me restera la possibilité de miser sur un poste d’agent en maison de retraite, qui par glissement permet souvent d’accomplir les mêmes tâches…

    @ Kridienn : Passer mon permis de conduire me semble aussi désormais indispensable, hélas. Ne reste plus qu’à le budgétiser.

    @ Olivier Autissier : L’optimisme de Pêr compense mais la boule à l’estomac ne désenfle pas.

    @ Fincasor : L’embêtant, c’est que je ne me souviens plus pourquoi, sitôt l’entretien terminé, l’enthousiasme a primé.

    @ Calystee : L’une de mes collègues m’a raconté comment s’est passé son concours : elle a eu cette chance d’avoir été beaucoup moins « harcelée»  de questions. J’ai l’impression que mon jury aura cherché la petite bête et qu’il l’aura trouvée.

    @ Lancelot : J’ai suspendu l’écriture du livre depuis le 26 janvier, date à laquelle j’ai commencé à préparer ce concours. J’en reprendrai la rédaction dès que la « déprime»  cessera de me nouer les tripes.

    @ Pierre-Yves : Comme je l’ai écrit, dans ce milieu très exigent le moindre détail compte. Mais bon, tu as raison, c’est long deux mois : je ferai mieux de retourner enfin à ma salle de sport, histoire d’évacuer le stress un bon coup :razz:



  9. Marie écrit :

    Il y aura donc ce chapitre dans ton livre … Les doutes, les joies, les déceptions et une formidable énergie pour avancer. C’est quand l’ouverture de la pêche ? en mer bien sûr ! et des crêpes au retour ? non, non, du sport, rien que du sport. :wink:



  10. calystee écrit :

    On peut te répondre qu’il n’ont pas insisté avec elle parce qu’elle ne les intéressait pas, alors qu’avec toi, ils ont voulu en savoir davantage, jusqu’où ils pouvaient « compter»  sur toi. Ne pas être harcelé dans ce cas n’est pas forcément une chance. Quand je fais passer des oraux (à des plus jeunes bien sûr et avec des objectifs moins importants), c’est l’attitude que j’adopte: je ne cherche la petite bête qu’à ceux qui semblent « en avoir» .



  11. kab-Aod écrit :

    @ Marie : Je ne suis plus certain de vouloir continuer à écrire un roman à haute teneur autobiographique. C’est très éprouvant.

    @ Calystee : Oui, c’est aussi envisageable.



  12. Henri-Pierre écrit :

    Ces vingt minutes, Ezékiel, sont tiennes comme tout le reste de ta vie.
    Elles t’appartiennent et tu sauras, dans tous les cas, en tirer profit.
    Je ne puis t’exhorter à maîtriser tes émotions, à ne pas céder aux vertiges des angoisses spontanées.
    Comme toi, lorsque je n’ai pas de raison de me mettre la rate au court-bouillon je m’empresse de m’en créer.
    je te comprends et te soutiens, mon cher camarade.

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