Cela a commencé avec l’enfance, lors des premières crises d’asthme. J’ai oublié l’âge précis, il me semble que j’approchais la douzaine d’années. Puis, presque subitement, ça ne s’est plus reproduit (à quelques rares sursauts près) dès que Pêr, autour de l’an 2000, entreprit de mettre un terme à notre vie commune. Je me souviens qu’après avoir lu le mot de rupture posé sur la table j’entendis une sorte de craquement de tissus dans mon crâne alors que mon dos glissait contre le papier peint du vestibule jusqu’au sol. Et sans doute ce déchirement décisif, généré par le terrassement, brisa-t-il dans la foulée l’échelle que j’avais commencée à gravir du fin fond de mes asphyxies de gosse. Bien que Pêr par la suite, après un temps de séparation, souhaita que survive notre couple, il était trop tard : l’habitude de l’alcool (favorisée par les gènes) avait en quelques mois anéanti des années d’expérience intérieure, cette faculté que j’ai eu longtemps de profondément modifier ma conscience au point de vivre l’invisible, l’indicible et l’inouï.
Je blogue depuis quatre ans et malgré quelques insinuations, par bribes floues insufflées dans mes anciens carnets, je n’ai jamais ouvertement évoqué cette particularité que je devrais pourtant absolument continuer à taire, or qui louvoie dans mon ombre comme le plus gros de mes loups, le chef même de la meute. Seuls Pêr, une amie strasbourgeoise et un ancien amant (je ne me souviens pas en avoir parlé à Gillis, mon ex) connaissent cet angle le plus intime de mon parcours, que je ne qualifierais pas de seulement spirituel tant la chair en bénéficia. Si je me décide à l’évoquer aujourd’hui, c’est que lors de ma promenade méditative quotidienne je me suis convaincu que recouvrer cette faculté, mieux que l’écriture, mieux que la peinture, me ressusciterait.
    Enfant, alors que j’étouffais sous le drap, j’entendais régulièrement une sorte de vrombissement épais traversé, par éclair, par une voix qui rapidement, surprenante comme un cor clamerait un ordre intempestif, m’appellerait. Mon corps alors montait en température et suait abondamment, ce qui est toujours le cas aujourd’hui quand le sommeil, avec ses rêves en relief, semble vouloir traverser la peau. J’étais terrorisé mais une sorte de charme me saisissait par les chevilles et me soulevait vers des nimbes brunes qui tournoyaient. Au fil du temps, ces phénomènes devinrent réguliers au point que je les attendais. Puis le tremplin des crises d’asthme ne furent plus essentiels : j’avais compris (je ne sais comment) que ces interventions pouvait surgir d’un moment à l’autre, et mieux : que je pouvais progressivement les domestiquer. Vers mes quinze ans, j’obtins consciemment mes premiers, quoique timides, résultats. Mais ce fut surtout entre mes 22 et 32 ans que j’atteignis les cimes les plus hallucinatoires. Entretemps j’avais absorbé une foultitude de textes théologiques et mystiques de tout bord, j’avais soif d’apprendre à canaliser cette énergie qui m’emportait ailleurs dès que je fermais les yeux, qui me faisait voir autant de merveilles que de catastrophes. Parfois, et c’était terrifiant, je me sentais soulevé, convoqué dans ma sieste alors que je n’avais rien souhaité, comme arraché de force à la réalité. Ou pire, j’étais éveillé : ma tête se mettait soudainement à siffler au point que je devais m’assoir ou m’allonger, et alors j’étais transporté malgré moi vers des horizons spectaculaires. Comme ce jour  de 1999 où je vis l’Australie s’éloigner vers le sud afin qu’une vague puisse se déployer de l’Indonésie jusqu’à l’Afrique.
    Je sais que je peux rétablir cette connexion. Je dirais même que c’est la clef de mon salut. Pour continuer à fonctionner je sais que je dois cesser de boire et continuer à me charger comme une batterie de l’affection de Pêr (et de toute affection environnante palpable, l’amour semblant le conducteur). Cet après-midi j’ai marché le long des berges de l’Odet, mes mains transpiraient, je réfléchissais à mes déboires familiaux, à mes livres qui tournent autour du pot, à mes peintures bridées par ce que j’ai pu contempler d’un autre œil. Et j’ai compris que je souffrais fondamentalement de la disparition de ces états seconds, de ces fontaines irrationnelles auxquelles s’abreuvent d’incroyables sentinelles (parce que j’ai acquis cette certitude que d’autres partagent ces troubles). Pas un jour ne passe sans que ces anciennes manifestations n’apportent  leur once de nostalgie. Jusqu’ici je n’ai jamais parlé de cette singularité à mon psychologue. S’il avait été psychiatre, peut-être aurais-je franchi le pas. J’hésite, à vrai dire, puisque je réalise qu’il s’agit là du pilier de mon histoire.
    Bref, j’édite ce texte parce que ça doit sortir, même si je dois l’effacer prochainement, même si je dois fermer ce blog après avoir suscité le sourire, comprenez au moins qu’un truc pareil pèse. Je crois que j’ai gâché un potentiel (hélas inavouable) et voilà dix ans que je m’apitoie sur cet étrange désastre.



18 Commentaires



  1. christophe écrit :

    Ce que tu écris là est très surprenant. Combien de temps ces états durent-ils ? Hormis la poussée de fièvre, y a-t-il d’autres manifestations physiques ?
    Peut-être préfèrerais-tu qu’un dialogue ne s’engage que sur la voie de la spiritualité (d’autres, peut-être, s’en chargeront) et je m’excuse si je suis l’idiot qui regarde le doigt. C’est important pour moi d’apparaître comme le cartésien, mais j’espère que tu verras dans mon commentaire, en plus de la sympathie, une curiosité vraiment innocente.



  2. kab-Aod écrit :

    @ Christophe : Difficile de parler de la durée « pure» , c’était à la fois interminable et bref. Objectivement je n’ai jamais pu mesurer la durée de la « transe»  en elle-même (surtout si cela me prenait la nuit dans mon sommeil). Mais quand je la désirais, la mise en condition pouvait prendre deux à trois heures. Et quand cela se produisait en journée « par surprise» , ça pouvait parfois demander au total une vingtaine de minutes (l’espace d’une sieste).
    Quant aux manifestations collatérales, oui, il y en eut, non des moindres, que je n’évoquerais pas via ce commentaire, sinon cette sensation d’épouvante tenace qui pouvait succéder, ou bien au contraire un très profond sentiment de quiétude, ou encore, plus systématique, la grande fatigue physique qui précédait.
    L’aspect « spirituel» , je le comprends, peut rebuter. Je ne cache pas que très jeune j’ai cherché des réponses à ce qui m’arrivait dans des livres ésotériques ou religieux, et je ne cacherai pas non plus que ces « phénomènes»  auront pour beaucoup alimenté mon choix, à 22 ans, d’étudier plus sérieusement la théologie. Plus tard, il m’a semblé flairer une piste différente à travers l’enquête de Van Eersel (» La source noire» ). Cela dit, aujourd’hui, je ne me hasarderais pas à exploiter une explication plus qu’une autre…



  3. Nicolas Bleusher écrit :

    « … quand le sommeil, avec ses rêves en relief, semble vouloir traverser la peau.» 

    Retenir une phrase, à chaque lecture.



  4. KarregWenn écrit :

    Ton récit m’a un peu effrayée à la 1ère lecture, voire gênée. Non pas de ce qu’il avait de profondément intime, non, d’autre chose d’indéfinissable sur le moment. J’ai préféré laisser courir. Et puis au réveil (tardif !) ce matin m’est revenu un souvenir de l’enfance, que j’avais très vaguement évoqué par écrit dans l’un ou l’autre de mes bouquins, mais en gommant soigneusement l’aspect « magique»  parce qu’il n’était pas de mise dans mon histoire. Tu vas sans doute voir de la naïveté à ce que je le relie avec les phénomènes que tu racontes, mais enfin je ne peux m’empêcher d’y voir quelque chose du même type.
    Je devais avoir 8 ou 9 ans, difficile de situer précisément, avant le collège en tout cas. Lorsque que j’étais près du sommeil, ou au contraire lorsqu’il tardait, je me trouvais transportée dans l’espace, d’où j’avais une vue privilégiée des étoiles et autres planètes, je voyais et j’évaluais clairement les distances entre toutes ces choses, leur organisation, leur mouvement. Je faisais d’interminables calculs (moi qui avait du mal avec 2+2 !), et il n’était pas rare que j’entreprenne, tu vas rire, de longues discussions avec Galilée, Vinci et Copernic, entre autres. Je les connaissais malgré mon jeune âge, grâce à un grand oncle féru d’astronomie et grand conteur. J’y étais vraiment physiquement. A mon « retour sur terre, il m’arrivait de m’étonner de ce don bien au-delà de mes apparentes facultés intellectuelles. Pour tout dire j’avais peur, je me pensais « anormale» . L’anormal n’était pas pour moi d’entrer dans un monde autre, à cela j’étais habituée car j’avais une mère pour qui les frontières n’en étaient pas. L’anormal était dans ce pouvoir que je semblais avoir, que je n’avais pas demandé (pourquoi moi ? pensais-je) et qui, selon moi, me mettait à l’écart des autres enfants et était promesse, ou menace, de vie sociale difficile. En même temps ces incursions étaient un bonheur, une paix, que je recherchais avidement. Autant que mes souvenirs soient fidèles, je ne crois pas que ces visions aient jamais été accompagnées de phénomènes physiques. Et puis cela a disparu, disparu de ma mémoire aussi, pendant longtemps. Je peux dire que cela a disparu tranquillement. Finalement il m’arrive de me dire que cela fait partie, ou faisait partie, des aptitudes qu’a tout humain de passer de l’autre côté, pour peu qu’il laisse la porte entr’ouverte. Pourquoi je l’ai refermée à un moment, c’est une autre histoire.



  5. kab-Aod écrit :

    @ Nicolas Bleusher : Sortir une phrase de son texte, c’est soit prendre le risque de ne pas avoir saisi l’ensemble du texte, soit prendre le risque de rebondir dessus. Je ne crois pas que tu aies pris ce second risque.

    @ KarreGwenn : Je t’aurais cru plus offensive sur ce que j’ai vécu et interprété. Ton commentaire me laisse muet (je n’ai jamais eu cette aubaine de palabrer avec des éminences scientifiques :???: )
    Comme tu conclues, parfois nous refermons malencontreusement des portes…



  6. Marie écrit :

    En somme, tu prends le risque d’en parler maintenant comme l’ont fait des gens qui avaient vu dans le ciel des éléments non identifiés, sans crainte des réactions, en opposition à ceux qui n’en parleront jamais. As-tu déjà eu une « perception»  de dissociation de ton esprit avec ton corps ? Marcher à côté de ses pompes (pas possible d’écrire en italique) a un sens caché et je reste convaincue que l’ubiquité existe. Tout comme le para ou supra normal. Ce n’est pas parce qu’on ne peut pas le prouver scientifiquement que ça n’existe pas. Dans cet ordre d’idée, j’ai reçu en cadeau d’anniversaire plusieurs livres dont un : la Cabane, je l’ai trouvé intrépide dans ses théories, il ne bouleversera pas mes pensées pour autant. Si tu es persuadé avoir un don ou certaines facultés, que cela ne t’effraie pas. J’aime trop ton écriture pour accepter sans réagir l’éventualité de sa disparition. Il me faudra vérifier si tu n’as pas les signes d’une vie antérieure. Par télépathie. Je suis sérieuse.



  7. kab-Aod écrit :

    @ Marie : Voici des années que je voulais écrire ce périlleux billet. Et quand enfin j’ai décidé de l’éditer hier, Pêr n’était pas d’accord. Personnellement, ce sujet me bouleverse car, au même titre que ma vie auprès de Pêr, il est chez moi fondateur de qui je suis (devenu).
    J’ai expérimenté, effectivement, et bien malgré moi, la décorporation (c’est très vertigineux). Mais comme le dirait l’apôtre Paul : à quoi bon l’évoquer si cela ne mène nulle part ou du moins ne sert à rien ?
    Une vie antérieure ? Arf, ce n’est pas actuellement mon souci :razz:



  8. Marie écrit :

    Comme sujet de réflexion, j’hésite entre philosophie et religion. Je reviendrai dès que j’aurai réussi à clarifier mes pensées pour les exprimer correctement (et quand la voie sera libre tout d’abord …)



  9. Kridienn écrit :

    S’il s’agit là du pilier de ton histoire, je trouve dommage de ne pas en parler à ton psychologue… Il me semble qu’aucune chose fondamentale ne doit être écartée lors qu’une analyse. Et si l’arrêt de l’alcool et le plein d’affection peuvent t’aider à retrouver ces états seconds, c’est une piste prometteuse qu’il conviendrait de creuser !



  10. karagar écrit :

    Ce qui retient mon attention dans ce post et dans la réponse à un des commentaires n’est pas tant le détail des expériences vécues qu’une certaine posture que j’ai déjà constatée et qui m’avait frappé un certain jour, essentiel, de ma vie. Sur le fond du sujet, je n’ai ou rien ou énormément à dire. Je dirais que je n’ai pas la « foi » au sens le plus large du terme, mais en toute modestie. Je suis enclin à chercher à toute manifestation ou sensation inexplicable des raisons s’accordant aux lois connues qui régissent le monde physique tout en étant persuadé que ces lois ne seront jamais toutes connues et que parfois les scientifiques manquent foncièrement d’imagination et de recul. J’ai bien dit « je suis enclin », j’ai bien dit question de « foi », j’envisage mon erreur possible, il n’y a aucune arrogance ni sentiment de supériorité de mes convictions dans le domaine. Pas de matérialisme triomphant donc, pourrait-on dire. On me dit bien souvent que j’aurais une sensibilité à « l’invisible » qui contrasterait avec mon discours. Je ne sais qu’en penser. Mais pour en revenir à ce qui avait attiré mon attention, il s’agissait de ce « après avoir suscité le sourire » en fin de post et ensuite le « Je t’aurais cru plus offensive sur ce que j’ai vécu » en réponse à Karregwenn. J’ai souvent constaté ce côté « craintif », la peur d’être brocarder, méjugé de ceux qui d’une façon ou d’une d’autre sont concerné par « l’invisible », qui d’une certaine façon, parce qu’elle me ramène à des choses plus intime m’émeut. J’y vois une preuve d’honnêteté intellectuelle, de sincérité. Et je ne comprends pas qu’on puisse ne pas prêter attention à la sincérité dans la relation d’une expérience même si on l’interprète différemment.



  11. Lancelot écrit :

    En d’autres termes, si je peux embrayer, de façon un peu plus prosaïque, sur ce qe dit Karagar (s’il m’y autorise), il n’y a bien sûr personne, parmi les lecteurs de ton blog, susceptible de rire, ou même ’sourire’ à la lecture de ta note. Que notre sensibilité soit croyante ou athée, mystique ou scientifique, ésotérique ou cartésienne, nous n’avons aucun droit, et surtout aucune raison de douter de la validité de tes expériences, telles que tu les relates ici.
    Le support du blog est très frustrant : je voudrais, comme Christophe, pouvoir poser de nombreuses questions plus précises sur ce que tu as vécu (et vis encore apparemment) en l’occurrence. Alors est-ce différent de la « décorporation»  à laquelle tu fais toi-même allusion, dans ta réponse à Marie ?
    Effectivement, « ça»  a l’air assez répandu. Ta façon de parvenir à cet état m’a rappelé un bouquiin de science fiction que j’ai lu il y a un an, ‘la rage d’Orc le Rouge’ de Philip José Farmer, où certaines personnes utilisent diverses techniques pour s’» évader»  de leur corps et arriver dans ceux d’autres personnes, sur d’autres planètes, en d’autres temps, même. Cétait assez fascinant (et effrayant).
    Je crois n’avoir ressenti quelque chose se rapprochant de ce que toi et KarregWenn relatez qu’une seule fois dans ma vie, alors que j’avais 13 ans peut-être. Je m’étais réveillé la nuiit en ayant la sensation d’être projeté à toute vitesse dans l’espace, en tourbillonnant. Loin de me griser, cette sensation me terrorisait et la terreur me projetait sous la terre, où j’étouffais. Et pourtant j’étais bien éveillé. Ce jeu de yoyo a duré une dizaine de minutes. Ca ne s’est jamais reproduit depuis. Je ne crois pas êre taillé pour pouvoir faire face à ce style d’émotions.

    PS : « fermer le blog»  ? Quelle idée ! En quoi le fait que tu nous aies livré cette partie intime de toi-même devrait-il déclencher cela ? Encore une fois (et je suis sûr que nous pensons tous la même chose) personne ne te juge, bien au contraire : c’était très intéressant à lire, ça peut aussi nous aider à réfléchir sur nos expériences personnelles.



  12. kab-Aod écrit :

    @ Kridienn : Je me sens plutôt à l’aise avec mon analyste mais, j’avoue, pas encore suffisamment pour partager avec lui cette information. Cela dit, le travail d’analyse ne s’effectue pas strictement lors des séances mais se poursuit aussi entre chacune d’elles, dans le cadre du jardin secret.

    @ Karagar : Longtemps j’ai regardé cette « faculté»  avec l’œil de ma foi à Dieu, ce qui ne m’aura pas permis, toutefois, de tirer des conclusions. Dans le livre que je cite plus haut (» La source noire» ), une piste scientifique est proposée. J’ai également lu et entendu bon nombre de témoignages de personnes qui, involontairement ou non, ont vécu ces mêmes états de conscience modifiée spontanée (c’est à dire sans usage, par exemple, d’un stupéfiant). Je me suis également beaucoup intéressé aux techniques de prière (orthodoxe) et de méditation (bouddhiste) qui m’ont beaucoup aidé à gérer ces états. S’il existe une explication à ce mystère, je ne la connais toujours pas.

    @ Lancelot : L’expérience que tu décris ressemble beaucoup à certains de mes moments. Bien des fois j’ai lutté pour sortir de ces états car, comme tu le rappelles, un sentiment d’effroi souvent les accompagnait.



  13. Marie écrit :

    Tu ne pouvais choisir meilleur titre, tellement les facultés sont fragiles ! Quand on est enfant, la moindre modification des sensations habituelles inquiète. Cela dépend aussi des possibilités de chacun à supporter la douleur, on l’apprivoise ou pas. Les douleurs, devrais-je dire, puisqu’elles sont multiples et les femmes ont en commun certaines expériences qu’aucun homme ne pourra ressentir – je ne parle pas d’enfantement. Il y aurait beaucoup à écrire là-dessus.
    Du plus loin que je puisse me remémorer, aucun fait similaire ne semble m’être arrivé. Sauf le jour de ma communion mais je mets cela sur le compte de l’évènement, la chaleur et une taille excessive pour mon âge. Par contre j’ai eu à maintes reprises des impressions de dédoublement, de vécu ailleurs mais je me suis toujours méfiée de l’influence des lectures, qu’elles soient encyclopédiques, philosophiques ou religieuses. Je ne parle pas des « romans de gare » que je lis également. Donc je reste très circonspecte (par rapport à mes pensées).
    Sans avoir des « dons de voyante » j’ai curieusement des prémonitions, des pressentiments, des intuitions. De manière précise, répétée. J’arrive aussi à « entrer en contact » par télépathie mais cela demande une forte concentration que je ne peux plus assurer. J’expérimente cet état avec l’un de tes lecteurs mais je ne suis pas certaine que cela marche dans les deux sens. L’avenir le dira (ou pas).
    Lancelot s’est fait notre porte-parole, aucun d’entre nous aurait l’idée de te juger, tu donnes beaucoup à chacun et nous t’en savons gré.
    Mon meilleur souvenir à Pêr qui, par le passé, n’a pas toujours approuvé tes écrits. :grin:



  14. Cornus écrit :

    Ce n’est pas un scoop, je connais et lis ce blog presque depuis le début, mais par timidité ou par pudeur, je n’ai jamais osé franchir le pas en risquant un commentaire, alors même qu’il m’était arrivé de commenter d’anciennes pages. Il est aussi vrai que j’avais été largement tenté de commenter quelques précédentes notes, mais je me suis retenu, comme je constate une extrême rareté des commentaires chez moi qui me fait hésiter (et ce n’est aucunement un début de repproche bien entendu).
    Je commente peut-être aujourd’hui parce qu’on ne m’attend probablement pas sur un tel sujet. Le scientifique, « cartésien» , rationnel, athée que je suis ou dont j’ai la réputation être n’est pas choqué par les expériences que tu relates. J’ai sans doute été vacciné par un ancien collègue et ami qui m’a raconté des choses beaucoup plus déboussolantes et j’ai appris à l’accepter comme tel parce que manifestement il vivait effectivement ces expériences, parce qu’il était d’une rare sincérité et parce que c’était un ami.
    Dire que je conçois « naturellement»  ce que tu nous rapportes serait exagéré, car je n’ai jamais rien ressenti de tel (la seule chose, qui n’a rien à voir est d’avoir cru un long moment, même réveillé à ce que je venais de rêver et peut-être ai-je eu une ou deux fois des prémonitions).
    Aucun jugement ni désapprobation donc. Juste l’espoir que tu puisses trouver un peu plus de sérénité dans ta vie de tous les jours. Car, comme tu as eu l’occasion de le dire, il faut un minimum de sérénité et de sentiments positifs dans le cadre de toute création et même de réalistion professionnelle.
    Enfin, même si elles ont été longues à exprimer, reçois toutes mes amitiés et encouragements.



  15. kab-Aod écrit :

    @ Cornus : Ce billet ne cherchait ni à convaincre de la réalité de ce que j’ai vécu ni à l’expliquer, et si je l’ai écrit c’est très certainement parce que je ne me sens pas près d’exprimer ces expériences à mon psy (peur du discrédit ?), bien qu’il y ait toujours un moment dans la journée où j’y pense.
    Je suis aujourd’hui persuadé qu’il y a un lien entre la raréfaction de ces états (lesquels se sont surtout produits à une époque où j’étais épanoui) et l’arrivée de l’alcool dans ma vie (avec l’enfoncement dans la dépression). Comme ce blog relate mon laborieux rétablissement, j’ai simplement trouvé important de relater cette particularité, dont je comprends très bien qu’elle puisse laisser dubitatif. C’était le risque.
    Cela dit, merci pour ton commentaire :razz:



  16. Cornus écrit :

    Je crois que la plupart des lecteurs (moi compris) avons bien compris le sens de cette note. Certes, il y a toujours un risque, mais comme le contexte et les circonstances étant connues, je ne suis pas sûr que ce soit le côté « dubitatif»  qui soit l’essentiel pour les lecteurs attentifs.



  17. Nicolas écrit :

    Si c’était un sourire, de ma part, ce serait un sourire de connivence :) :neutral:



  18. kab-Aod écrit :

    @ Nicolas : Les écrivains crédibles commencent par vivre des expériences incroyables (je déteste les aphorismes mais là ça sonnait bien ^^).

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