mer 6 mai 2009
J’étais mal réveillé, j’avais traîné devant l’ordinateur tard dans la nuit. Quand Pêr rentra du travail pour déjeuner je sortais à peine du lit, les yeux embués. Il décachetait une enveloppe dans la cuisine. L’après-midi même, à 15h, je devais découvrir les résultats du concours affichés à l’institut. Mais à 12h30 Pêr tenait déjà la délibération du jury entre ses mains…
Si j’ai bien interprété les chiffres, se sont présentés 1984 postulants pour 823 places réparties parmi les 29 écoles des quatre départements bretons. Le courrier, lui, m’annonçait qu’avec une note de 18,88 / 20 j’étais classé cinquante-deuxième sur la liste principale régionale. Et comme l’école que je convoite recrute 52 élèves, je suis a priori admis de justesse là où je voulais étudier, là où matériellement je serais le moins handicapé. Soulagement. Je n’arrivais pas à avaler mes tagliatelles au saumon, mes mains tremblaient à relire tel chiffre ou telle phrase.
Cet après-midi j’ai donc illico envoyé à la Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales la liste des instituts de formation dans lesquels je souhaitais en priorité valider mon diplôme, ainsi que la confirmation que j’envisageais toujours d’embrasser cette carrière (puisque les candidats renvoyés en liste complémentaire dépendent des désistements). Je ne saurais avec certitude qu’au fil des jours qui suivront le 15 mai si j’intègrerais effectivement l’école de la capitale finistérienne ce prochain septembre.
Optimiste comme je suis, j’ai aussitôt examiné ce qui pourrait encore me nuire : les déplacements. Lors de mes dix mois de formation je serai amené à effectuer des stages dans d’autres villes, telles Douarnenez ou Concarneau. Il me faudra alors étudier des possibilités d’hébergement à moindre frais, l’idéal étant que je passe le permis de conduire, solution que j’ai regardée de près en me renseignant dans la foulée sur les facilités de paiement que proposent diverses auto-écoles. Ce n’est pas gagné, au point que nous sommes sur le point d’annuler nos vacances cévenoles de début juin (ce qui m’embête pour Pêr).
J’ai pensé aussi à cette collègue de mon âge (sans-doute la plus impliquée d’entre nous) avec qui j’avais préparé, pendant deux mois, le concours. J’ai noté avec tristesse qu’elle n’était que 974ème (soit 151ème en liste d’attente) malgré un investissement remarquable. Je pense que son zèle, trop scolaire, trop enthousiaste, lui aura nui : les recruteurs, même s’ils ne pardonnent pas les mauvaises réponses, cherchaient beaucoup, je crois, des personnalités plus affirmées. Médiocre et fumiste comme je suis, j’ai toujours obtenu mes examens sur le fil. Cette fois-ci encore. Quand je songe au travail que cette collègue avait fourni, je me sens obligé de mériter et décrocher ce futur diplôme haut la main.
À part ça, j’ai sacrifié la mèche qui me chatouillait les cils pour une coupe plus militaire
le 6 mai 2009 à 20:39
christophe écrit :
Mazel Tov !
le 6 mai 2009 à 20:52
Olivier Autissier écrit :
Toi qui pensais n’avoir pas réussi. Chapeau bas, beau résultat.
le 6 mai 2009 à 21:47
karagar écrit :
Gourc’hemennoù
le 6 mai 2009 à 22:05
KarregWenn écrit :
NOUS AVIONS DONC TOUS RAISON, CONTRE TOI !!!!!
BEN DIS-DONC, 52ÈME AVEC PRESQUE 19 DE MOYENNE…
GOURC’HEMENNOÙ !!!!!!
le 7 mai 2009 à 2:10
Pierre-Yves écrit :
Bravo !
le 7 mai 2009 à 10:37
Henri-Pierre écrit :
Je ne sais, Ézékiel, comment te dire mon émotion et ma joie.
Je pourrais te dire que j’en ai les larmes au yeux et ce serait vrai.
Je pourrais te dire que je n’ai jamais douté de toi, et ce serait vrai.
Je pourrais te dire que, les yeux fermés, je tends ma main vers toi et qu’il me semble te frôler, et ce serait vrai.
Merci de ce bonheur.
le 7 mai 2009 à 13:28
Kridienn écrit :
J’avais confiance en cette réussite, malgré tes doutes. C’est génial !!! Je suis très heureuse pour toi ! Gourc’hemennoù !!!
le 7 mai 2009 à 19:39
le bleu du ciel écrit :
C’est chouette !
le 7 mai 2009 à 19:59
calystee écrit :
Je suis vraiment content pour toi. Mais prends le temps de savourer ce moment de bonheur avant de penser à la suite! C’est très fugace, la joie.
le 7 mai 2009 à 22:45
kab-Aod écrit :
À tous : Merci and trugarez ! J’ai réalisé ma chance et le poids de votre soutien cet après-midi lors de ma promenade le long de l’Odet. J’avais le sourire d’un gosse qui mange des bonbons ^^
Mais comme je le dis, j’attends encore confirmation de mon intégration dans l’école choisie. Je suis indécrottable
le 8 mai 2009 à 18:59
Marie écrit :
Les cheveux, ça repousse … Et qu’importent les chiffres si la première étape est franchie. Je suis très très heureuse pour toi et nous continuerons à te soutenir, t’encourager.
le 9 mai 2009 à 18:14
Lancelot écrit :
Avec un peu de retard (mais ça devient une habitude chez moi, je sais que tu ne te formaliseras pas) : BRAVO !
Dis donc, 52° avec 18,88/20, il avait combien, le premier ? 22,56 ?
Le zèle ‘trop enthousiaste, trop scolaire’ qui aura nui à la collègue : c’est exactement le même principe pour l’agreg… Les examinateurs sont ils infaillibles pour la détection des « personnalités affirmées» …? Personnellement j’en doute. ‘Scolaire’ et ‘enthousiaste’ sont-ils forcément les corollaires d’une ‘personnalité sans relief’…? Vaste débat…
Bien sûr, ce que j’en dis ne remet pas en cause ta valeur à toi. Simplement, ça réveille de vieilles rancunes enracinées en moi. Moi aussi, je suis/j’étais un « scolaire» !
Enfin, ta nouvelle coupe de cheveux aurait dû être assortie d’une ‘tite photo, non…?
Félicitations encore !
le 9 mai 2009 à 18:33
Cornus écrit :
Je me joins à ces félicitations plus que méritées. Cet optimisme mesuré (c’est un euphémisme), je connais bien, à la fois parce que je crois que je serais un peu dans le même état d’esprit et parce qu’à la lecture des différents épisodes de ce concours, je crois revivre ce qu’a vécu et ce que continue de vivre ma chère S. pour sa titularisation d’instit.
le 9 mai 2009 à 19:28
Marie écrit :
Un bémol que tu peux joyeusement mettre à la poubelle, Pêr ouvre ton courrier ? En ce qui me concerne, je suis contre, j’en ai fait un principe (qui n’est jamais respecté) au motif que l’enveloppe est déchirée au lieu de coupée proprement.
le 10 mai 2009 à 10:27
kab-Aod écrit :
@ Lancelot : Ce qui m’étonne, c’est un système de notation aussi précis dans le cadre d’un entretien…
!
On nous avait prévenu : le jury n’aimerait pas trop sentir que l’on a effectué une préparation (même si pour nous c’est le signe d’une volonté d’être admis) ! Et, d’après le récit que ma collègue a donné de son propre oral, j’avais craint qu’elle ait donné une image trop formatée d’elle-même (le détail serait trop long a expliqué en commentaire). Je suis déçu pour elle non seulement parce qu’elle avait énormément travaillé, mais aussi parce qu’elle avait semblé satisfaite de son entretien.
Pour la photo, laisse-moi faire ma coquette encore quelques jours
@ Cornus : Je pense que ta chère S. a suffisamment de caractère pour ne pas se laisser démolir par un premier échec
@ Marie : Oui, Pêr ouvre TOUTES mes lettres. Tout bêtement parce que je laisse la plupart du temps mon courrier traîner sur la table de la cuisine sans m’y intéresser, exactement comme j’éprouve toujours une certaine anxiété à répondre au téléphone
le 10 mai 2009 à 22:04
Cornus écrit :
Cela serait un peu long à expliquer, mais S. a déjà connu plusieurs fois certaines formes d’échecs.
le 15 mai 2009 à 22:21
KarregWenn écrit :
« Je n’ose commenter ce post, de peur qu’à nouveau on ne comprenne pas qu’un billet même léger, même anodin, puisse réveiller chez le lecteur des loups qui ne savent pas vraiment blaguer avec un tel sujet.» Ainsi t’exprimes-tu à 2 pas d’ici, et comme je crois comprendre que cette phrase s’adresse à moi, je viens ici y répondre. Je ne crois pas avoir écrit un billet anodin, en tout cas il était très loin de l’être pour moi et je ne suis pas innocente au point de penser une seconde que le sujet puisse l’être pour quiconque. Le style en est peut-être léger, mais j’ai toujours eu a coeur, quand je le peux, de parler le plus légèrement possible de ce qui me touche le plus gravement. Je ne blague pas sur le sujet des addictions, je blague sur moi-même et mes propres faiblesses. Et je pèse, et je revendique, chaque mot que j’écris. Le ton en est serein aussi je crois, tout simplement par ce que je suis là-dessus, et relativement, sereine. Il me semble que tu l’as lu bien vite, ce billet.
Je regrette de t’avoir peut-être choqué par mon 2ème comm’, j’étais moi-même hérissée par ta lecture que j’ai ressentie comme très superficielle et peu ouverte. Mon texte méritait plus d’attention, j’ose le prétendre. Je préfèrerai toujours une critique sévère et argumentée à une phrase réductrice.
Je t’embrasse, sale gosse.