Pêr se lavait les dents. Comme nous disposions d’un véhicule pour le week-end je m’attendais à ce qu’il propose une promenade sur la côte (je lisais des blogs, j’avais une vague envie d’écrire, donc de boire). Cette fois-ci je n’ai pas hésité. Pêr avait une envie en tête : visiter le phare d’Eckmühl. Nous marchâmes le long de la grève odorante avant de lire l’écriteau qui annonçait la fermeture provisoire de la tour. Pas de chance. Au bas d’une statue dédiée aux marins j’appris que Kalonek signifiait Courageux.
    Pêr avait emmené une serviette et un slip. Passé Saint-Guénolé il se gara sur l’accotement. Puis, nos pantalons retroussés au-dessus des genoux, nous trempâmes nos chevilles dans le dernier soupir des vagues, cueillant ici une étoile de mer et là un oursin. Comme le soleil insistait et que l’eau promettait un certain confort, Pêr ôta ses fringues et piqua une tête. Pendant ce temps, je gambadais dans l’eau, le crâne plein de romans et de toiles.
    J’aime Pêr. J’aime aussi à dire que mon portable filme en super 8 tant il est médiocre. Mais soudainement sortir le téléphone de ma poche et immortaliser en douceur, c’était sublime. C’était ma marche fière.

 

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