dim 7 juin 2009
Parmi ces douze anecdotes me concernant, trois sont de pures inventions. Saurez-vous les repérer ? (Pour ceux qui suivaient mes précédents blogs, certaines affirmations leur seront familières. Merci à eux de donner leur pronostic sans vendre la mèche) :
I) Nous nous promenions, Pêr et moi, le long de l’immense plage de l’anse de Vauville (Cotentin) quand sur la grève nous est apparu un dauphin échoué. Comme je tenais à conserver un souvenir de cette rencontre inhabituelle, je lui ai arraché une dent de la mâchoire supérieure.
II) Ma patronne parisienne n’avait pas apprécié que je me décolore les cheveux. Lors d’un repas qu’elle avait organisé pour son personnel, comme elle avait eu quelques paroles déplaisantes à mon égard, je m’étais illico travesti (avec la complicité de trois clientes) et, sous les yeux incrédules de la tenancière, j’entrepris derechef de tapiner sur le rond-point de la Chapelle, face à son hôtel. Un camion s’était arrêté, dans lequel j’étais monté le temps de quelques mètres.
III) La première fois où j’ai pu contempler le soleil de minuit rebondir sur la mer empourprée, ce fut sur le bateau de croisière qui m’emmenait vers l’archipel des Lofoten (Norvège). Le spectacle m’avait d’autant plus ébahi que l’astre toucha l’horizon exactement entre deux sombres silhouettes de falaises.
IV) Suite à une mésaventure professionnelle qui me laissa sans argent ni logement, j’ai eu recours, non sans une insouciance mâtinée de fantasme, à la prostitution l’espace d’un court hiver. J’officiais aux abords d’un parc nantais, mais après quelques semaines, ma concurrence étant mal venue, le souteneur d’un collègue m’intima de changer de territoire, ce que je fis, choisissant un parking du centre-ville, près d’une église.
V) J’avais trouvé sur la plage de ma ville natale un galet sur lequel, au marqueur, était inscrit un numéro de téléphone. J’avais trouvé l’idée poétique et l’esquisse d’un projet romanesque avait commencé à me faire gamberger. Après quelques jours d’hésitation, j’avais fini par appeler d’une cabine (à l’époque je ne possédais pas de portable). Le jeune homme au bout du fil habitait Rouen et m’avait assez vite mis à l’aise : bisexuel, le gaillard dirigea cette première conversation vers la pente glissante que vous imaginez. Nous nous rencontrâmes le samedi suivant et nous fîmes notre affaire sous le regard des mouettes.
VI) J’avais treize ans, j’étais passé sur les ondes d’Europe 1 dans le cadre d’une émission où les auditeurs téléphonaient leurs annonces. Comme j’avais demandé à ce qu’on m’héberge pour quelques jours de vacances, une famille franco-algérienne de Reichberghausen (Allemagne) me proposa leur hospitalité. Un dimanche de soleil, nous partîmes à une fête de village où je remportai un concours de dessin, reproduisant de mémoire l’église que j’avais observée depuis la fenêtre de ma chambre. J’avais reçu pour prix un bock d’un litre de bière et mon dessin fut exposé un mois dans le hall de la mairie.
VII) Le restaurant universitaire protestant du Stift (Strasbourg) cherchait des bénévoles pour acheminer des vivres jusqu’à des communautés orthodoxes de Roumanie (c’était en 1990). J’étais alors étudiant en théologie et cette expédition de trois jours me séduisait, ne connaissant pas ce pays. J’avais postulé, bien que la possession du permis B était quasiment exigée. Je ne sais grâce à quel critère, ma candidature fut acceptée et deux semaines plus tard j’étais contraint par ma famille d’accueil à boire de l’eau-de-vie dès le petit-déjeuner !
VIII) Dans ma vie je me suis retrouvé trois fois dans une situation où j’ai tenté de faire l’amour à une femme. J’ai oublié, avec la première (d’une quinzaine d’années mon aînée), comment je me suis retrouvé dans son lit : j’ai fait semblant de jouir. Avec la seconde (également nettement plus âgée), ce fut plus compliqué : elle s’était attachée et comme j’avais encore simulé la jouissance (désolé, la texture féminine me laisse froid) elle prit en vain la pénible pilule du lendemain. Avec la troisième (une barmaid), j’étais tellement ivre que je me suis effondré avant d’avoir pu la pénétrer.
IX) Gillis (mon ex) et moi traînions dans Londres depuis quinze jours, au bout desquels nous désespérâmes d’atteindre l’Irlande (nous étions sans domicile fixe). Fatigués, nous gagnâmes l’ambassade de France, prétextant qu’on nous avait voler nos papiers. On nous donna une livre à chacun avec pour mission de gagner Dover par nos propres moyens et d’embarquer pour Calais (sous garantie qu’on rembourse les billets, ce que fit plus tard la sœur de Gillis). En début de traversée, le capitaine, que notre histoire ne berna pas, nous offrit généreusement un repas copieux, sourire en coin.
X) Seb, un amant normand, m’excitait à ce point que plusieurs jours durant j’avais retrouvé du sang dans mon sperme. J’avais jadis lu un article où l’on appelait cette sécrétion le "jaune d’œuf". Et sachez-le : c’est plutôt douloureux !
XI) Il m’est arrivé de voter Front National par mégarde (une seule fois, hein !) : j’avais sélectionné quatre bulletins par principe, en avais glissé un dans l’enveloppe décisive et rangé les trois autres dans la poche arrière de mon pantalon (de crainte qu’on fouille la corbeille après moi). Sorti de la mairie, j’avais vérifié mes trois bouts de papiers avant de les jeter dans une poubelle publique, réalisant la pire étourderie de ma vie.
XII) À Grenoble j’avais rencontré Francis qui voulait absolument élever des chèvres dans les Pyrénées. Un matin nous quittâmes la ville et, après une nuit passée à Avignon, nous fîmes de l’auto-stop à la sortie de Montpellier. Un homme, poliomyélite, nous proposa dans la conversation de s’occuper de sa ferme-auberge (située près de Béziers) et, dans la foulée, de son cheptel durant l’hiver. Les dernières nouvelles que j’obtins au sujet de Francis confirmèrent qu’il avait réalisé son rêve.
le 7 juin 2009 à 22:52
KarregWenn écrit :
Je me prononce pas, t’es bien cap que tout soit vrai !
Mais le V, ça alors je trouve génial. Ah les galets, hein…
le 7 juin 2009 à 23:41
christophe écrit :
C’est très drôle ce petit jeu. Je tente ma chance :
II (mais j’adorerais que ce soit vrai), V, XI
(Et je me demande si l’on n’en apprend pas autant sur celui qui joue que sur toi…)
le 8 juin 2009 à 18:57
Marie écrit :
L’une m’a fait beaucoup rire … je sais pourquoi. Donner un pronostic sans vendre la mèche, comment fait-on ? semblant ?
A trois je plonge, quant à huit, trois n’est-ce pas trop ? Je n’ai pas souvenance d’une distraction, un galet avec des yeux, oui.
le 8 juin 2009 à 22:09
joss écrit :
je suis ébahi à l’idée que neuf de ces histoires puissent être vraies…
Je vais tenter la 4, la 5 et la 12…
le 8 juin 2009 à 23:49
Kab-Aod écrit :
@ Tous : je donnerai le résultat vendredi prochain au soir.
@ KarregWenn : Oui, à une option près, dont je n’aurais pas été capable, assurément…
@ Christophe : je réfléchirai donc à l’idée que ce jeu puisse aussi dresser un portrait des participants. Du coup, je ricane ^^
@ Marie : Le plus simple serait de modestement proposer trois choix sans faire d’inutiles mystères.
@ Joss : mon pauvre Malouin, je pourrais encore écrire deux billets de cet acabit
le 8 juin 2009 à 23:51
patrick écrit :
Bonjour. Toutes ces anecdotes sont tellement croustillantes et/ou attachantes ! Je tente aussi le coup…
III (le soleil entre les 2 falaises) : l’image est onirique, archétypale, c’est le pylône des temples égyptiens, elle donne l’impression d’avoir été rêvée.
XI (le vote au FN) : peut-on à se point être « étourdi» ? Ce pourrait être une pure provocation. Et pourquoi sélectionner d’abord « 4 bulletins par principe» ? Je ne comprends pas le ressort.
Pour le troisième choix, j’hésite entre IV (énorme, donc crédible) et VII (les orthodoxes roumains). Allez, va pour la VII : les détails sont précis, on s’y croirait, je n’y crois pas – logique.
le 8 juin 2009 à 23:53
Kridienn écrit :
Il m’est bien difficile de distinguer le vrai du faux parmi ces douze anecdotes. Toutes me semblent vraisemblables bien que surprenantes ! Je tente : la II, la VIII, la XI.
le 9 juin 2009 à 0:25
Kab-Aod écrit :
@ Patrick : je dois corriger quelques paramètres car je n’arrive jamais à lire ton blog ! Pour le XI, je sélectionne toujours quatre bulletins divergents avant de fermer derrière moi le rideau.
@ Kridienn : Si mes propositions n’étaient pas chacunes surprenantes, il n’y aurait de vrai suspens ^^
le 9 juin 2009 à 4:53
1loup écrit :
Je pense que la I (dent du dauphin) et la VIII (les 3 femmes) sont fausses.
le 9 juin 2009 à 9:44
Kab-Aod écrit :
@ 1Loup : Tu as le droit à un troisième choix
le 9 juin 2009 à 11:25
Marc écrit :
Si c’était mon histoire, je serais vraiment navré que I, V et VIII soient vrais.
le 9 juin 2009 à 15:16
Kab-Aod écrit :
@ Marc : Je vois pour le I et le VIII, mais je ne comprends pas que le V puisse navrer
le 9 juin 2009 à 20:03
Marie écrit :
disparue ?
le 9 juin 2009 à 22:06
Marc écrit :
@ Kab-Aod : Tu as raison l’anecdote n’est pas navrante. Peut-être est-ce parce que cette histoire qui commence avec un indice sur un galet, ne semble même pas avoir laissé le poids d’un galet dans ton souvenir ?
le 10 juin 2009 à 19:04
raf écrit :
la I est fausse, dans un de tes précédents blogs tu avais tenté de sauver un oisillon, donc je pense pas que t’es un sadique. Après, la VII et peut-être la IX
le 10 juin 2009 à 21:57
calystee écrit :
II, IV, VIII ? En somme, c’est une suite logique…
le 10 juin 2009 à 22:24
Kab-Aod écrit :
Finalement j’avance l’heure des résultats. Étaient fausses les anecdotes suivantes :
V) : j’ai effectivement trouvé un galet doté d’un numéro de téléphone, mais je n’ai jamais osé appeler.
VII) Ce n’est pas moi, mais Pêr qui par deux fois postula pour cette expédition.
XI) je suis étourdi, mais pas à ce point !
Pour le reste :
I) @ Raf : le dauphin était mort. @ Marie, effectivement, c’était probablement la mâchoire inférieure.
La dent, elle, je l’ai perdue lors de notre dernier déménagement bien qu’il m’aurait plu d’en faire un pendentif.
II) Je peux vous dire que la patronne ria jaune devant mon toupet, elle qui nous recommandait de refuser de louer des chambres à des Africains !
III) @ Marie : au-delà du cercle pôlaire le soleil décline très bas avant de rebondir (ce qu’on ne voit pas d’Oslo). Et c’était sublime !
IV) No comment. J’étais jeune et futile…
VI) Ce jour-là je mangeai par la même occasion ma première choucroute.
VIII) Situations dont je suis peu fier.
IX) Je me souviens du repas sur le ferry : du poulet et des petits pois.
X) Au début ça m’avait même effrayé !
XII) Le patron de la ferme-Auberge offrit à Francis son premier chevreau.
le 10 juin 2009 à 23:26
christophe écrit :
Encore !
le 10 juin 2009 à 23:48
Marc écrit :
@ Kab-Aod : Touché ! Tu es aimable. Salutations à Pêr aussi. Bravo. Je me demandais comment je pourrais lire la suite. Tu m’as surpris. À bientôt.
le 11 juin 2009 à 10:18
raf écrit :
Et quand tu sera mort, tu voudra aussi qu’on t’arrache une dent?
le 11 juin 2009 à 16:35
Marie écrit :
Et tu m’emmènerais au delà du cercle polaire ? je plaisante mais si c’est sublime … je me contenterai des couchers de soleil sur l’océan les prochains jours.
le 13 juin 2009 à 5:53
Lancelot écrit :
J’arrive trop tard pour jouer, mais j’avais lu en espérant simplement que le I était faux. C’était vrai ??????? Horrible.
le 13 juin 2009 à 10:53
Kab-Aod écrit :
@ Lancelot : Qu’est-ce qui te semble horrible ? : l’échouement du dauphin ou bien, comme Raf, mon geste peu scrupuleux ?
le 16 juin 2009 à 6:43
Lancelot écrit :
L’arrachage de dent, évidemment. « Peu scrupuleux» me semble être, en l’occurrence, un doux euphémisme…