ven 8 jan 2010
Mon stage dure quatre semaines. Comme la Maison de Retraite se situe à 10 km de mon domicile, j’ai fait appel à une association qui a accepté mon dossier et donc, moyennant 2 € par trajet, met à ma disposition des chauffeurs. Or, puisque j’ai obtenu mon permis B ce 21 décembre-ci, je me lance et loue, pour effectuer prochainement mes deux dernières semaines de stage, l’une des Peugeot 106 que l’association propose à un prix très décent (même aux permis probatoires). Une solution pour ne pas perdre la main et travailler un état d’esprit de conducteur.
Cet après-midi je formalise avec la secrétaire la location. C’est la première fois que je vais conduire non-accompagné et je sens le stress m’engourdir, d’autant que privé de tout sens de l’orientation je ne sais quelle route emprunter pour rentrer chez moi. Qui plus est, j’ai appris à piloter avec une Clio flambant neuve dont j’appréciais le comportement et l’espace. Une brève expérience (10 mn) sur un véhicule inconnu, à Montargis (Loiret) lors des fêtes de Noël passées chez la famille de mon conjoint, m’enseigna vite qu’on ne conduit pas deux autos de la même façon.
Le mécano de l’association m’explique vite le fonctionnement de la 106, je comprends tout aussi vite que j’ai affaire à un tacot qui me donnera du fil à retordre. Trois fumeurs papotent à deux pas sous le hall, le mécano disparait. C’est parti : je tourne la clé, je cherche le point de patinage, je cale. Je me calme, les pédales sont étrangement situées à droite, le volant colle à mes genoux, je passe la première et tente un démarrage subtil. Je fais un mètre et cale. Je cale une troisième fois ; impossible d’estimer le bon dosage, cette voiture sent le pourri. Les fumeurs me regardent, je serre les dents. À la quatrième tentative je parviens à dialoguer avec le moteur et avance vers la sortie du parking.
Je cale devant les grilles. La sortie étant en côte prononcée je négocie avec le frein à main. Rien à faire, je cale à nouveau malgré l’application concernant les démarrages en côte. Là je sens la sueur affleurer et m’apprête à vivre un calvaire. Je me souviens alors d’une phrase de mon inspecteur : "Ils ne mesurent pas la chance qu’ils ont de passer leur permis sur des voitures neuves".
Au premier rond-point (un tout petit rond-point) je commets ma première erreur : je m’arrête parce qu’un autocar arrive sur ma droite (perturbé par l’hostilité de la bagnole mon code de la route bégaie). Comme il m’invite à profiter de ma priorité je m’engage. Et cale aussi sec. À partir de cet instant la sueur perle à mes tempes et j’envisage sérieusement de me garer dès que possible pour appeler mon conjoint afin qu’il vienne à mon secours. Je suis épuisé : je me suis levé à 4 h 30, j’ai besogné comme un fou jusqu’à 14 h 15, j’ai récupéré la 106 vers 15 h 30 et seul au volant pour la première fois je dois domestiquer une bourrique poussive.
Le stress ne me quitte pas mais la voiture peu à peu commence à mieux obéir. Ou presque. Je comprends, en me garant en marche arrière sous mon balcon, que cette 106 n’a aucun souffle (j’ai dû forcer avec l’accélérateur pour la faire reculer d’un mètre tandis qu’une neige épaisse floconnait !).
Je ne le cache pas, j’ai passé la moitié du trajet à regretter d’avoir valider mon permis…
le 9 janvier 2010 à 0:46
KarregWenn écrit :
T’inquiète donc pas ! Ton inspecteur de permis aurait dû te dire aussi que c’est après le permis qu’on apprends à conduire…en conduisant. Tout le monde y passe, ou presque. Surtout n’arrête pas, avale des kilomètres et tu verras qu’aucune Rossinante ne te résistera ! Pire, tu vas finir par y prendre du plaisir !
le 9 janvier 2010 à 10:02
Cornus écrit :
Vraiment, ce ne sont pas forcément des choses marrantes à vivre, mais tout le monde ou presque est plus ou moins passé par là.
Personnellement, après avoir pris mes premières leçons de conduite à l’auto-école (sur une Peugeot 205 diésel), mon père m’avait confié le volant (accompagné) de sa Renault 14 presque vieillissante (c’était en 1989). Je sillonnait donc les routes de campagne du Lyonnais sans permis, mais à l’époque, on ne risquait pas grand chose. La R14 essence était plus rétive que la 205 qui avait plus de mal à caler. Je dois dire que cela n’a pas toujours été simple, mais on s’y ai fait. J’ai eu le permis et plus tard , j’ai conduit d’autres voitures. Au départ, ça fait drôle de prendre une voiture qu’on ne connaît pas, mais au fil du temps, il faut de moins en moins de temps pour s’adapater et même à la fin, on passe d’une voiture à l’autre sans y penser.
J’ai eu une 106 essence pendant plus d’un an et j’ai fait pas mal de kilomètres avec. Je te confirme que le volant est situé beaucoup trop bas, alors même que je suis moins grand que toi. Mais c’était une très bonne voiture. Auparavant, j’en avais eu une autre en location (modèle « kid» ) et là je dois dire que le moteur était un peu poussif. Incontestablement, toutes les petites voitures d’aujourd’hui sont très puissantes (ce qui améliore le confort d’utilisation) par rapport à certaines des générations précédentes.
Courage, tu verras que comme tout le monde tu vas toutes les dresser ces chars à quatre roues.
Et bonne année à toi et à Pêr !
le 9 janvier 2010 à 10:14
Marie02 écrit :
Sois sans inquiétude, ça s’appelle le stress du débutant … que tu aies 18, 20,40 voire 50 c’est pareil pour tout le monde !
Il faut bien 5.000km pour la pratique. N’oublie pas le code, c’est essentiel.
le 9 janvier 2010 à 10:30
karagar écrit :
Ce que tu racontes ne me surprend pas connaissant ton état d’esprit quant aux voitures. C’est déjà pas mal d’avoir passé le permis dans ce contexte. Sinon, tout ce que tu racontes m’est assez étranger, les leçons de conduite m’étaient plaisir et j’avais hâte, permis en poche, de me trouver seul au volant. Je n’ai jamais trouvé très perturbant non plus de passer d’un modèle à l’autre. Mais cette 106 m’a l’air d’être un cas! Ayant moi même une vieille 106, je constate qu’elle se défend encore bien et c’est loin d’être un « tacot» !
le 9 janvier 2010 à 10:48
calystee écrit :
J’ai moi aussi en ce moment de sérieuses angoisses avec les voitures, bien que conduisant depuis près de 40 ans. La forte chute de neige et mon accident récent avec une de mes élèves que j’ai renversée n’ont rien arrangé, au contraire. J’ai refusé le prêt d’un autre véhicule que voulait me faire le garage pendant les réparations, parce que je ne me suis jamais habitué à conduire une autre voiture que la mienne pendant toute la vie. Heureusement que j’aime la marche et que j’ai en poche mon appareil photos: je joins ainsi l’utile à l’agréable.
Mais je suis d’accord avec ce que disent tous les autres commentaires: c’est en conduisant que l’on devient conducteur. Bon courage à toi.
le 9 janvier 2010 à 15:04
Marie écrit :
Il est évident que la 106 – en bon état ou non – n’est pas d’un confort exceptionnel pour les grands, très grands, siège reculé au maximum ! Tes genoux ne se coincent pas dans le volant quand même ? Je pense fort à toi.
le 10 janvier 2010 à 5:37
Kab-Aod écrit :
@ KarregWenn : J’ai souvent éprouvé du plaisir à conduire lors de mes leçons. Le jour de l’examen je me suis même senti très à l’aise ! Mais exécuter mon premier trajet « seul» dans ces conditions m’aura gâché le plaisir
@ Cornus : Ce matin j’ai demandé à Pêr, conducteur expérimenté, de « tester» la voiture afin d’obtenir son opinion et gratter quelques conseils d’utilisation. Après quoi j’ai repris le volant avec moins de stress (et donc plus de facilité). Je continue cependant à appréhender ce premier grand trajet qui m’attend demain matin, de nuit et avec risque de verglas !
Avec la 106, comparée à la Clio, j’ai compris l’adjectif de « poussif» pour un moteur, tandis que le véhicule brièvement conduit à Montargis s’emballait dès que j’effleurais l’accélérateur, même en première.
J’ai vraiment hâte d’acheter une voiture et de la conduire suffisamment longtemps pour m’habituer à ses humeurs et avaler des kilomètres sans transpirer
@ Marie02 : Une mienne connaissance a décrété qu’il fallait au moins un an de conduite régulière pour pleinement habiter sa peau de conducteur… Pour le moment, entre les examens scolaires et mon permis tout frais, j’ai plutôt l’impression d’avoir 18 ans ^^
@ Karagar : Il est vrai que je n’ai jamais été très copain avec l’idée de prendre la route, même si le fait de désormais « savoir conduire» m’aura légèrement rasséréner sur la chose.
Cela dit, tu as toi-même une conduite assez peu rassurante (du moins à mon goût):?:
J’avais hâte, moi aussi, de me retrouver seul au volant sans avoir à supporter les indications stridentes et systématiques de ma monitrice (avec elle je n’avais pas le droit à l’initiative) ! Mais évaluer mon autonomie dans la fatigue, le stress et à bord d’une bagnole « molle de la pédale» (excusez l’expression), m’aura passablement découragé.
@ Calystee : Ton commentaire ne m’aide guère !
: 40 ans de conduite et refuser un véhicule d’appoint par crainte de la nouveauté ! Bon, disons que ton accident t’aura refroidi (neige ou pas
), et ça je le comprends aisément.
Vu mes habitudes de vie en tant que piéton (ou cycliste), mon permis ne me servira a priori que sur de longs trajets.
@ Marie : Malgré le siège reculé au maximum je dois écarter les genoux lors des virages, d’autant que la direction assistée s’avère assez moyenne ! Pour Pêr, la 106 louée n’est pas un tacot (il l’a conduite comme on se gratte le cul). Finalement je pense qu’il y avait trop de conditions négatives pour valider ce premier essai en solo.
le 10 janvier 2010 à 10:40
KarregWenn écrit :
« il l’a conduite comme on se gratte le cul» Ah j’adore cette expression. Quoique, pour les rhumatisants chroniques elle ne soit pas forcément synonyme de facilité !
Je n’ai pas appris à conduire très tôt, j’avais 30 ans, et je ne pensais pas en être capable. Je ne l’ai fait que pour ne plus avoir à aller au boulot en stop (très aléatoire en ce qui concerne les horaires !) ou en mobylette ( Monts d’Arrée en hiver, 60 kms quotidiens…bof). Et ce fut une vraie découverte. J’adore avaler des kilomètres, par tous les temps, surtout la nuit, et toutes sortes de véhicules, sur toutes sortes de routes. Comme quoi, on peut se découvrir…tardivement !
le 10 janvier 2010 à 21:32
deef écrit :
C’est en forgeant qu’on devient forgeron et c’est à force de conduire que tu sauras conduire, même si ça te faire un peu peur au début. Et puis si tu as ton A à l’arrière de la voiture, les autres automobilistes devraient (en théorie) être plus indulgents à ton égard.
S’ils ne le sont pas, continue d’être prudent, respecte ton code et laisse-les râler et te dépasser. La maréchaussée sans doute cachée un peu plus loin les calmera bien vite et toi, tu leur passera alors tranquillement sous le nez
le 12 janvier 2010 à 17:42
Kab-Aod écrit :
@ KarregWenn : J’ai passé également ce permis dans une perspective professionnelle : j’ai fait l’effort de m’investir dans un métier qui me plait (une totale reconversion) et c’eût été dommage que par manque de mobilité je m’astreigne à bosser pour la boîte la plus proche, qu’elle me plaise ou pas. Qui plus est, Pêr, dès que nous partons en vacances, se tape la totalité de la route et pouvoir alterner les temps de conduite désormais le soulagera
@ Deef : J’ai bien mon « A» collé aux fesses et fais partie des « jeunes» conducteurs patients et prudents. Mais comme tu le notes, il y a toujours un « fou du volant» qui ne te pardonne aucune hésitation : pour la première fois aujourd’hui je me suis fais klaxonner parce que j’ai mis mis une seconde et demi à m’engager après que le feu est passé au vert (de ses croupions serrés qui ont besoin de vous signifier qu’ils auraient percuter en troisième dès le changement de couleur).
À part ce détail de la vie quotidienne, depuis deux jours, j’ai retrouvé le plaisir de faire mon chemin en tant que conducteur (cette saloperie de 106 faisant moins la maligne depuis vendredi dernier ^^).
le 13 janvier 2010 à 20:48
patrick écrit :
Seigneur, qu’est-ce que je te comprends…
Surtout ne fais pas comme moi : accroche-toi !
le 16 janvier 2010 à 13:58
L’assassin écrit :
Le permis, c’est le passeport pour la liberté, il faut se donner le temps de savoir l’utiliser mais c’est motivant…
le 17 janvier 2010 à 20:18
Marie écrit :
Les conditions climatiques s’améliorant, tu vas bientôt trouver que ce n’est finalement pas si désagréable de conduire … à condition de changer de caisse parce que dans un espace restreint c’est assez crispant. A bientôt et ne t’occupe pas de tes arrières grincheux, s’ils te percutent ils sont en tort.
le 29 janvier 2010 à 0:50
KarregWenn écrit :
Alors, combien de kilomètres ? Vos impressions ? Pas de genou coincé ?
J’adorerai te voir t’extirper de ta 106 !
le 2 février 2010 à 18:55
Henri-Pierre écrit :
Arf ! je me sens très seul, je suis désormais le seul à ne pas conduire.
remarque, on ne peut pas dire que ton billet donne envie de le faire.
Bon, je suis sûr que maintenant tu conduis comme un chauffeur de grande maison.
le 3 février 2010 à 8:00
Kab-Aod écrit :
@ Karregwenn : J’ai rendu la voiture à la fin de mon stage, il y a deux semaines. Malgré quelques frayeurs (comme ce jour de grosse brume nocturne où je me suis perdu dans la périphérie de Ploveilh ^^), j’ai réussi à ressentir quelques pointes de plaisir. Pour l’achat, évidemment, la dimension fera partie des critères
@ Henri-Pierre : Oui, les circonstances auront eu raison de mon ex-» fierté» de non-conducteur ! Mais il faudra BEAUCOUP de temps avant que je me sente à l’aise au volant
le 18 février 2010 à 9:41
Marie écrit :
Il est tout à fait possible de ne ressentir aucun plaisir en conduisant une automobile, on le fait de manière mécanique et en toute sécurité. C’est juste un moyen de locomotion sans émotion. Tu vas bien ?
le 26 février 2010 à 5:20
Kevin Zaak écrit :
J’avais le même projet, celui de passer le permis de conduire. Je l’ai remis à plus tard. D’autres priorités ont pris tout mon temps.
Je pense que tu finiras par trouver du plaisir à sillonner ton coin de pays. En tout cas, j’ai hâte de te relire.