lun 10 août 2009
La notoriété de Maryvonne, Anastasie et Eugénie, attisée par le renouveau breton des années 70, a débordé des frontières de leur presqu’île natale si bien que si l’on n’a jamais eu la curiosité de découvrir leurs voix, le patronyme des "soeurs Goadec" sonnera néanmoins familièrement à l’oreille de la plupart des "Français de l’intérieur" (expression alsacienne). Bien que la Bretagne ne rechigne pas, loin s’en faut, à métisser sa culture, elle n’en demeure pas moins encore très amoureuse de son répertoire traditionnel que perpétuent quelques têtes d’affiche régionales, dont Louise Ébrel (en l’occurrence fille d’Eugénie), mais aussi par un sang neuf assez talentueux pour tonifier la tête haute le "kan" radical.
La dernière des soeurs Goadec décéda en 2002. Cependant, moins connus en France, Yves, François, Henri et Yvon, comme une version masculine du trio, besognèrent pareillement, concert après concert, à transmettre ces chants rustiques déjà récités par leurs grands-parents. Des "frères Morvan" ne restent qu’Henri et Yvon, rescapés bientôt octogénaires (l’aîné est mort), béret et chemise à carreaux, détenteur d’une langue que bien des néo-bretonnants seraient en mal de déchiffrer. Les deux frangins agriculteurs se produisirent en 2006 lors d’un fest-noz paimpolais. Je buvais une Dremwell à la buvette quand les deux modestes dinosaures entrèrent en scène.
Basés dans les environs de Lézardrieux (Côtes d’Armor), nous étions alors en vadrouille dans le secteur pour une semaine dans un gîte avant de gagner le sud-Finistère. Pêr, dans son actuelle frénésie de réaliser des montages seul (quoi que cette fois mon grain de sel aura compté), retrouva des cassettes inexploitées comme on relit des carnets disparates et mal écrits, des images que nous n’avions filmées que pour nous-mêmes sans autre objectif que celui de la poésie :